L'héritage controversé des aquarelles d'Auschwitz : les victimes roms oubliées

Une dispute juridique de plusieurs décennies entre la famille de la survivante de l'Holocauste Dina Gottliebova Babbitt et le Musée d'État d'Auschwitz-Birkenau concernant sept aquarelles représentant des prisonniers roms refait surface. Cette controverse a abouti à un procès en Californie, initié par les filles de Babbitt, 17 ans après la mort de leur mère.
Ces aquarelles ont été réalisées sous l'ordre du Dr. Josef Mengele, surnommé l'« ange de la mort », qui a forcé Babbitt à capturer les traits des prisonniers roms dans le cadre de ses expériences pseudo-scientifiques visant à prouver leur supposée infériorité raciale. Babbitt a créé ces œuvres pour sauver sa vie et celle de sa mère, mais tous les prisonniers roms qui ont posé pour ces portraits ont été exécutés par la suite.
Les discussions autour de cette controverse juridique ont souvent négligé un aspect crucial : les droits et la dignité des personnes roms représentées et tuées. Les noms des prisonniers roms, à l'exception de Celine, restent inconnus. Les victimes roms de l'Holocauste ont reçu peu, voire aucune reconnaissance ou restitution.
Babbitt, qui a émigré aux États-Unis et a eu une carrière prolifique dans l'animation, a tenté de récupérer les aquarelles jusqu'à sa mort en 2009. Elle a exprimé un besoin viscéral de retrouver ces œuvres et a souvent essayé de les recréer de mémoire.
La controverse autour des aquarelles soulève des questions sur la manière dont les victimes roms de l'Holocauste sont commémorées et sur la manière dont leur mémoire peut être honorée. La décision concernant la propriété de ces œuvres pourrait avoir des implications profondes pour la reconnaissance et la restitution des victimes roms.
CONTEXTE : Cette affaire met en lumière l'importance de reconnaître et de commémorer les victimes roms de l'Holocauste, souvent oubliées dans les récits historiques. Elle soulève également des questions sur la manière dont les œuvres d'art créées dans des circonstances extrêmes doivent être traitées et qui devrait en être le gardien.


