Surpopulation carcérale au Maroc : un défi majeur pour le système pénitentiaire
Le Maroc a enregistré une augmentation significative de sa population carcérale, atteignant 102 941 détenus en octobre 2026. Cette hausse, qui représente une augmentation de 4 249 détenus par rapport à la même période l'année précédente, souligne une tendance à la hausse continue avec des taux de croissance annuels atteignant parfois 5%.
Mohamed Salah Tamek, directeur général de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion, a présenté le projet de budget de son administration pour l'année fiscale 2027 devant la commission de la justice, de la législation, des droits de l'homme et des libertés à la Chambre des représentants. Il a révélé que le taux d'occupation des établissements pénitentiaires est de 158%, avec des variations notables entre les institutions, certaines dépassant 300%.
Cette surpopulation pose des défis majeurs pour l'administration pénitentiaire, qui doit gérer des responsabilités accrues dans les domaines de la sécurité, du logement, de la nutrition, des soins de santé et de la réhabilitation. Le directeur général a souligné que cette situation limite l'efficacité des mesures et des projets visant à améliorer les conditions de détention et les services offerts aux détenus.
Le taux d'incarcération au Maroc est d'environ 280 détenus pour 100 000 habitants. Tamek a également mentionné que l'augmentation continue du nombre de détenus complique les efforts de l'administration pénitentiaire et augmente les coûts associés aux services de base, ainsi que la pression sur les infrastructures, les équipements et les ressources humaines.
Pour atténuer la surpopulation, l'administration a mis en œuvre des mesures telles que la réduction automatique des peines, qui a permis la libération de 12 547 détenus jusqu'à fin octobre 2026. Cependant, l'impact des peines alternatives reste limité, car le nombre de condamnations à ces peines est encore faible. Tamek a insisté sur le fait que la solution ne réside pas uniquement dans l'augmentation de la capacité des établissements pénitentiaires ou l'amélioration des procédures de libération, mais nécessite une approche globale pour traiter les facteurs structurels contribuant à l'augmentation de la population carcérale.
Tamek a appelé à une collaboration entre toutes les parties prenantes de la chaîne pénale et les institutions concernées par la réhabilitation et la réinsertion. Il a souligné la nécessité de développer le cadre législatif et les pratiques judiciaires pour rationaliser l'usage de la détention, tout en respectant l'indépendance de la justice et les garanties légales.
En conclusion, la surpopulation carcérale au Maroc est un problème complexe qui nécessite une approche multidimensionnelle. Elle met en lumière les défis auxquels est confronté le système pénitentiaire et la nécessité de réformes structurelles pour améliorer les conditions de détention et la réinsertion des détenus.


